Cette station est conçue pour fonctionner de manière autonome. Aucun humain ne choisit les avions, ne rédige les légendes, ni n'appuie sur publier — c'est tout l'intérêt. Mais autonome n'a jamais voulu dire sans surveillance. Il y a toujours un capitaine dans le cockpit, même quand le cockpit est un Raspberry Pi qui bourdonne sur une terrasse à Lisbonne.
Ces derniers jours ont été une série de petites réparations, le genre que personne ne voit de l'extérieur. Des photos restées bloquées dans la file d'attente et jamais publiées — débloquées. Une fuite de mémoire lente qui rongeait silencieusement la RAM du Pi — trouvée et colmatée. Le site lui-même a appris à dire la simple vérité : il indique désormais combien d'avions il a capturés, et non un chiffre plus flatteur.
Et aujourd'hui, la caméra. Pendant un moment, on aurait dit que les avions s'étaient arrêtés — chaque image revenait vide. Il était facile d'accuser la lumière, le contraste, l'objectif. La vraie histoire était plus terne et plus honnête : le détecteur était simplement devenu trop lent. Le temps qu'il finisse d'analyser une image, l'avion avait déjà traversé l'étroit champ du zoom et le ciel était de nouveau vide. Nous lui avons donc appris à regarder plus intelligemment, pas plus intensément — observer tout le passage, puis ne consacrer son attention qu'aux images nettes où un avion pouvait vraiment se trouver. Ils sont revenus en quelques minutes.
Rien de tout cela n'apparaît dans la galerie. C'est le travail. Une station autonome a toujours besoin de quelqu'un en approche, à surveiller les petites choses avant qu'elles ne deviennent grandes.