Pas de nouveau capteur cette semaine, pas de nouvelle page. Juste une longue liste de petites corrections, dont aucune n'aurait mérité une entrée à elle seule. Mises bout à bout, elles montrent à quoi cette station passe l'essentiel de son temps : regarder ses propres chiffres de très près.

Ça a commencé par les photos. Le système qui choisit le meilleur cliché de chaque passage était injuste envers les petits avions : il pénalisait des images parfaites parce que l'avion n'occupait qu'un coin du ciel. Il juge désormais la netteté sur l'avion lui-même, et les photos de nuit selon l'heure réelle du coucher du soleil.

Puis la page Data, où une moyenne horaire s'est révélée ne pas en être une. Corrigée, avec des libellés plus clairs sur ce que mesure chaque moyenne.

Puis le gros morceau : qui vole quoi. Sur plus de 48 000 vols enregistrés, 846 n'avaient pas de compagnie. En fin de semaine, 325. En chemin : une compagnie charter lisboète qu'un registre public classait sous une compagnie canadienne. Les patrouilles maritimes de la Força Aérea, sous l'indicatif OCEAN. Des avions trop neufs pour les registres, comme le premier A321neo de KLM au-dessus de la terrasse le 23 juillet, ou un A321XLR d'Iberia, la version qui traverse l'Atlantique avec un seul couloir, repéré dès le 8 mai. Et les hélicoptères médicaux de l'INEM, qui traversent notre ciel en route vers l'hôpital mais jamais le champ de la caméra. Ils sont désormais reconnus avec une règle volontairement prudente, et ne figurent plus comme « la compagnie la plus silencieuse du mois », une erreur flatteuse pour un hélicoptère.

Un spotter de Porto, Carlos Miguel Seabra, nous a gentiment prêté sa photo de l'un d'eux. Obrigado, Carlos.

Chaque correction a maintenant sa date et sa ligne dans l'onglet Qualité des données de l'Archive : chacun peut voir ce qui a changé, et pourquoi. Les chercheurs y gagnent aussi : les relevés continus de bruit et de vibration arrivent désormais en fichiers de 10 jours, assez légers pour s'ouvrir dans n'importe quel tableur.

Un instrument n'est pas terminé quand il commence à mesurer. Il l'est quand chacun de ses chiffres mérite qu'on lui fasse confiance, et ça, on le découvre, ce n'est jamais tout à fait fini.